Henri Bartier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"L'Indochine fait partie de moi"

Cette simple citation résume la vie d'Henri Bartier, ce sont en effet les dix années de sa vie vécues intensément en Indochine qui le marqueront définitivement, physiquement dans sa chair et humainement dans ses sentiments.  

Henri Bartier naît le 9 novembre 1920 à Wambrechies, à 17 ans il s'intéresse déjà à l'aviation; il est breveté pilote civil au sein d'un aéro-club. Engagé dans l'Armée de l'air en 1939 il sortira Caporal breveté après son stage sur Morane 191 à l'école Morane d'Angers en 1940. Il ne peut rejoindre sa première affectation à Istres du fait de la seconde guerre mondiale et après un court séjour en Algérie à Blida, de retour en métropole, il est démobilisé en mars 1941.

Il reprend du service actif fin octobre 1944 au Bataillon de l'air 113 de Lille où il sera nommé Sergent. Volontaire pour servir sur le théâtre des opérations extérieures en Indochine, il débarque à Saigon en novembre 1945 pour servir au sein de la 9ème DIC; en mai 1947 il est affecté au 3ème Groupe Aérien d’Observation d'Artillerie en qualité de pilote sur Piper-cub. Dès le début 1946 il reçoit sa première citation. Il accomplit des missions d’observations et surtout de sauvetages particulièrement périlleux dans la brousse du Tonkin, où il force l’admiration des troupes au sol par son courage et son intrépidité. La renommée du Sgt-chef Henri Bartier au sein du GATAC Nord et l'armée française est telle que le Viêt-minh mettra sa tête à prix!...  Le 1er décembre 1949 il est nommé Adjudant. Il servira ensuite dans l'aviation sanitaire sur Morane 500.A ce moment il est déjà titulaire de la médaille Militaire, de la croix de guerre 39-45, de la croix de guerre des TOE avec onze citations.
9ème DIC
3ème GAOA

A l'arrivée des hélicoptères en Indochine et alors que leurs prestations avaient convaincu l'état-major, le général Chassin, patron de l'Armée de l'air, après l'accident de Raymond Fumat, cherche des volontaires; Henri Bartier sélectionné se rend à Tan-Son-Nhut pour intégrer l' ELA52 à la mi-août 1951 et apprendre à piloter sous la coupe du Lt Alexis Santini, il devient opérationnel début 1952 et restera dans cette unité jusqu'à la mi-juin 1952, opérant dans la zone sud de l'Indochine, en particulier la Plaine des joncs, la Forêt d'Am Son, Travinh/Ap Long, Lai Khê...

L'adjudant Henri Bartier à bord d'un Hiller 360. (collection Louis Dufeu)

27 février 1952 Evacuation d'un blessé par Hiller 360 au nord de Thai Binh (Tonkin) avec élément du 10ème BPCP.

 

A la mi-octobre il rejoint l'ELA53 pour couvrir le Nord de l'Indochine dans la région de Lanessan, Tra Vinh, Xien An et dans la Haute Région Lai Châu... Dans cette unité, l'Adjudant-chef Henri Bartier  pilotera également des Westland-Sikorsky S51 et outre les nombreuses "EVASAN" procèdera à des missions type "RESCO".

En octobre 1953 il est "transformé" sur Sikorsky S 55 et opère dans la zone de Diên Biên Phu et Muong Sai début janvier 1954, les conditions de vol sont très difficiles car c'est la saison des pluies ce qui oblige les équipages à voler de jour aux alentours de midi sous le feu de l'artillerie Viêt-minh, un hélicoptère est d'ailleurs abattu.

 Les rotations des 4 Sikorsky se succèdent à dix minutes d'intervalle et subissent un feu particulièrement violent, l'artillerie ennemie se faisant chaque jour de plus en plus dense et de plus en plus efficace, le travail d'évacuation tourne au calvaire. Les appareils doivent constamment subir, un déluge de fer et de feu de l'artillerie légère Viêt-minh durant leur descente dans la cuvette encerclée. Une fois au sol, ce sont les obus de gros calibre qui s'abattent et explosent avec violence.

Le 22 mars est une journée particulièrement épouvantable, après concertation décision est prise que le lendemain les missions se feront en vol groupé et les aires d'atterrissages sont préparées sur le point d'appui "Isabelle", offrant ainsi une cible idéale pour l'artillerie Viêt-minh.

C'est ce que constatent les équipages ce 23 mars 1954

Henri Bartier  raconte :

 "Personnellement, j'avais l'habitude de me poser sur "Isabelle", mais passant en dernier ce jour là pour livrer des médicaments et embarquer des blessés, les Viets avaient pris le temps de régler leurs tirs sur cette colline. Dès le redécollage, un obus éclata à l'arrière et perça le réservoir, et là, je me rendis compte que ma jambe avait été fauchée par l'obus et que mon tibia était à vif." 

A bord de son hélicoptère un blessé, le S/Lt  Alain Gambiez (fils du Gal Gambiez),de la 3èB du 3è R d'Infanterie Étranger, est tué.

Hanoï, hôpital Lanessan, avril 1954: l'adjudant-chef Henri Bartier reçoit des mains du Gal Dechaux, cdt le GATAC nord, les insignes d'officier de la Légion d'honneur et la croix de guerre des TOE avec palme.

Le héros de Diên Biên Phu en compagnie de sa jeune épouse et de membres de son escadron.

Le 1er avril 1954 Henri Bartier est nommé sous-lieutenant d'active, corps des officiers de l'Air (navigant) à titre exceptionnel.

Lorsqu'il quitte l'Indochine en mai 1954, il totalise 1092 missions de guerre, 1926 heures de vol en Indochine et 18 citations.

De retour en France, Henri Bartier est affecté au DIH 96.721 à Rochefort, il suit son unité transférée à Chambéry en janvier 1956 où il est nommé Lieutenant et titulaire du Brevet de pilote d"hélicoptères 2ème degré. Malgré son invalidité à 95% il est maintenu par dérogation dans la catégorie d'emploi "officier pilote d'hélicoptère", de 1955 à 1963  au sein de la division d'instruction hélicoptères du Bourget-du-Lac où il sert successivement comme pilote moniteur d'hélicoptères légers, chef de la division d'instruction en vol, moniteur testeur et leader pilote, il effectue 1979 heures de vol.

Nommé Capitaine d'active il occupe l'emploi de secrétaire permanent du comité de standardisation et méthodes sur hélicoptères.

A son départ de Chambéry en 1964 il totalise 4119 heures de vol quand il est affecté à la Base aérienne 114 Aix-en-Provence.

Placé en congé PN en 1966 il est nommé au grade de Commandant et promu au grade de Commandeur de la Légion d'honneur en 1968.

Ayant été hospitalisé à dix reprises entre 1947 et 1966 il décède des suites d'une ultime intervention chirurgicale  le 18 mai 1994 à 74 ans.

(VOIR)

Remerciements à Madame Marie-Yvonne Bartier et au Gal M. Fleurence